Un cri



Abaisse ton bras
Abrège la durée
Le poids est lourd
La durée est longue
Personne ne saura résister
Pas même Sysiphe-le-fataliste
Nous sommes à bout de souffle

Dans son lit conjugal l'épouse se profane
En présence de son père la fille se violente
Devant sa mère en larmes le fils s'égorge
Au mépris de tout BACCHUS s'adore

Abaisse ton bras
Abrège la durée
Personne ne saura s'échapper
Pas même Spartacus-le-téméraire
Nous sommes dégonflés

La tête adultérée de factices
Les yeux dilatés d'insomnies
La bouche élargie de braillements
La poitrine asphyxiée de pollutions
Les mains enflammées d'applaudissements
Le ventre creusé de polyphagies
Les pieds prostrés de marches

Abaisse ton bras
Abrège la durée
Aucun corps humain ne manquera de s'affaler
Pas même la stature titanesque d'IDI-DADA

Jadis la lance sauvage perçait un ennemi par minute
Naguère le pistolet mitrailleur sème cent morts à la seconde
Aujourd'hui les orgues de Staline pulvérisant mille hommes en
fraction de seconde

Abaisse ton bras
Abrège la durée
Ne continue pas à frapper
Personne ne devra survivre
Pas même Mathusalem-lincrevable
Nous sommes accablés

Pitié! Pitié!
Clamamus ad Te! (1)


(1) Nous crions vers Toi !



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